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Reportage

Les bienfaits de l’électrique

19-07-2018

Avec ses segments raides de plus de 20%, la côte reliant le village de Saint-Joseph-dela-Rive à la municipalité des Éboulements, dans Charlevoix, n’est pas à la portée de tous les mollets. En 2015, un touriste français a réussi pour la première fois l’exploit (peu commun) de la gravir… en vélo à assistance électrique (VAE)! raconte François Gariépy, copropriétaire de l’entreprise Charlevoix Éco-Mobilité, une compagnie de location de VAE urbains de Baie-Saint-Paul qui existe depuis 2012.

«Comme c’était un monsieur en excellente forme physique, se rappelle-t-il, au départ, il n’était pas du tout convaincu qu’il aurait du plaisir. Quatre heures plus tard, à son retour, il n’était pas seulement satisfait: il avait un grand sourire accroché au visage!» Normal: l’homme venait de pédaler l’une des plus spectaculaires mais aussi des plus difficiles routes du Québec, entre la ville de BaieSaint-Paul et le village de Saint-Joseph-de-la-Rive. Apparemment, sa batterie n’était qu’à moitié déchargée…

Bien qu’exceptionnelle, cette anecdote illustre bien le formidable potentiel touristique du VAE, estime François Gariépy. «Sans lui, Charlevoix et ses côtes, nombreuses, ne sont tout simplement pas roulables. Enfants, personnes âgées, couples, sportifs: maintenant, toutes les clientèles y trouvent leur compte», explique-t-il. Avec 1000 locations par été en moyenne, l’opération est, semble-t-il, rentable. «Nous songeons à grossir notre flotte, actuellement composée de 10 VAE.»

D-Tour 

À développer

Les compagnies qui misent sur le VAE, comme Charlevoix Éco-Mobilité, sont rares au Québec. Discret dans le paysage nordaméricain, ce vélo suscite étonnement et curiosité de ce côté-ci de l’Atlantique, constate Marc Cudia, propriétaire d’Écorécréo. L’entreprise loue des quadricycles, des pédalos, des kayaks, des vélos et, depuis 2013, des VAE à Montréal – au parc Jean-Drapeau et dans le Vieux-Port – ainsi qu’au parc national Forillon, en Gaspésie.

«Les Européens connaissent mieux le produit. La réponse est bonne en particulier auprès d’eux», affirme celui dont la compagnie sert plus de 100 000 clients par année, majoritairement des touristes. À raison d’une heure et plus de location, les cyclistes sont libres d’explorer les coins qui leur plaisent. Une manière de visiter qui convient à certains, mais sans plus. «Si nous n’avions que ce produit à louer, nous ne serions pas rentables, reconnaît-il. Pour nous, c’est avant tout une façon de nous démarquer.» Selon Marc Cudia, l’offre en matière de VAE est à développer au Québec: «Il y a de belles perspectives d’avenir. L’évolution récente et continue des technologies décuple les possibilités.»
 

Innover

Parlez-en à Audrey Leclerc, propriétaire de l’entreprise D-Tour, qui organise depuis deux ans des tours guidés d’e-fat bike d’environ une heure au Domaine Saint-Bernard, à Mont-Tremblant. Été comme hiver, ses acolytes et elle dirigent des groupes d’une dizaine de fatteux dans la cinquantaine de kilomètres de vélo de montagne que compte ce coin du Québec.

Cette initiative novatrice – D-Tour est seule à proposer un tel service au Québec – n’aurait pas pu voir le jour ailleurs, souligne celle qui a envie de faire découvrir cette contrée sous un autre angle: «La région est reconnue pour son offre abondante de plein air et sa nature à proximité. Les touristes y affluent majoritairement pour cette raison.» En 2016, 1500personnes ont mis à l’épreuve les montures de D-Tour. «Pas une seule n’était mécontente! » s’exclame-t-elle.

Le principal obstacle à surmonter? «Le manque de connaissances, répond sans hésiter Audrey Leclerc. Par exemple, les gens pensent que l’e-fat bike n’est pas exigeant. C’est faux. La preuve: notre guide en chef a perdu du poids l’été passé, à force de pédaler!»
 

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