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Reportage

Pédaler est une nécessité

15-09-2019
Age et vélo

Gendronix ou le patriarche en action

Pour bien vieillir, pas le choix : il faut bouger, soutient Jean-Marc Lavoie dans son livre L’exercice physique est la vie en accéléré. Selon l’auteur et professeur au Département de kinésiologie de l’Université de Montréal, pédaler est un moyen tout particulièrement intéressant d’arriver à ses fins.

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Vous avancez que l’activité physique est indispensable à l’entretien de la vie biologique. Qu’est-ce que ça signifie ?

L’exercice est une nécessité, pas une banale recommandation de santé parmi tant d’autres. C’est ce que je défends dans mon bouquin: pour préserver ses fonctions physiques et mentales, bref, sa santé, l’homme moderne doit bouger sur une base régulière. Il est configuré pour cela depuis des millénaires. C’est un vestige de l’évolution de l’espèce, ce sont des mécanismes inscrits dans ses gènes. En fait, la sédentarité est très, trop récente dans son histoire. C’est comme si, dans une journée de 24 heures, elle avait fait son apparition à 23 h 59. On connaît la suite: nos sociétés n’ont jamais été aussi obèses et frappées par des maladies chroniques et neurodégénératives.

Qu’est-ce qui différencie l’organisme d’un individu actif de celui d’un sédentaire ?

La contraction du muscle est un événement physiologique qui a des répercussions sur tous les organes, du cerveau au foie en passant par les reins et le pancréas. C’est comme un jeu de domino: si elle ne survient pas, on se prive d’un paquet de bienfaits qui en découlent. Le corps ne fonctionne alors plus comme il le devrait, puisque tous ses organes, qui normalement contribuent réciproquement à son bon fonctionnement, ne le font plus. La santé est un délicat équilibre que la sédentarité vient foutre en l’air. C’est pourquoi on ne meurt pas de l’absence de contractions musculaires, mais bien de ses nombreuses répercussions.

Bouger régulièrement est-il synonyme de plus longue espérance de vie ?

Certaines études effectuées sur de larges cohortes semblent le confirmer – et la nutrition joue également un grand rôle dans cette équation. Cela étant dit, je pense que l’allongement de l’espérance de vie est un faux débat. À trop le faire, on finit par occulter la véritable question, celle de la qualité de vie. Bien vieillir, après tout, ne signifie pas de vivre plus longtemps, mais de vivre mieux. Parce qu’il permet à l’organisme de maintenir son état de fonctionnement normal et optimal, l’exercice est donc essentiel à un vieillissement réussi. En ce sens, c’est un geste qui est à la base de la vie.

De là l’importance grandissante de s’y mettre lorsqu’on avance en âge…

Exactement! À un certain âge, qui correspond grosso modo à celui de la retraite, les effets du vieillissement sont plus marqués. D’un point de vue biologique, la nécessité de bouger devient alors plus forte: l’organisme a de plus en plus de difficulté à maintenir son délicat équilibre. Ce qui passait bien à 20 ou 30 ans est devenu une insulte que le corps ne tolère plus. Comme avec la bouffe, on doit redoubler de vigilance, au risque d’en subir de fâcheux contrecoups.

Quelle est la place du vélo dans cette équation ?

Pédaler est peut-être l’activité physique par excellence pour les personnes vieillissantes. Celles-ci sont souvent aux prises avec des problèmes musculosquelettiques et articulaires qui les empêchent de s’adonner à une activité où les impacts sont nombreux, comme la course à pied, les sports de raquette ou les sports d’équipe. Le vélo règle ce problème: c’est un sport porté qui est doux pour le corps. Résultat: on peut y progresser très rapidement. Il a en outre l’avantage de pouvoir se pratiquer à l’extérieur, dans des contextes multiples (voyage, vélo-boulot, etc.) et en bonne compagnie. L’équipement est relativement peu coûteux et les infrastructures, abondantes. C’est d’ailleurs l’ancien marathonien de 70 ans qui parle: je ne cours plus, je pédale.


 

Jean-Marc Lavoie, L’exercice physique est la vie en accéléré: pourquoi l’activité physique est essentielle à l’entretien de la vie biologique (2017), Les Éditions JFD, 104 pages, 24,95 $

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