C’est le 113e Tour de France et j’arrive mal à m’imaginer en dire autre chose que des banalités pour le moment.
Ce n’est pourtant pas parce que tout est écrit d’avance. Ou peut-être un peu quand même?
Peu de sprints à l’agenda. Un chrono d’équipe déterminant au début (avec les nouvelles règles, plus encore*) et un autre en solitaire, mais au kilométrage anecdotique pour les experts de la course de vérité.
La seule qui soit, en matière de vérité, c’est l’autorité imprimée par Tadej Pogačar sur les dernières Grandes Boucles qu’il a survolées. S’il ne s’approche pas trop du soleil, il devrait répéter l’exploit. À moins que…
Il y a toutes les autres choses qu’on ignore et qui constituent aussi le lexique nécromancien qui précède le Tour. La forme de Vingegaard post-Giro. Celle d’un Evenepoel planqué à l’entraînement en ermite depuis des semaines. Et…
Paul Seixas. Paul Seixas. Paul Seixas. Paul Seixas. Paul Seixas. Paul Seixas. Paul Seixas. Paul Seixas. Paul Seixas. Paul Seixas. Paul Seixas. Paul Seixas. Paul Seixas. Paul Seixas. Paul Seixas. Paul Seixas. Paul Seixas. Paul Seixas. Paul Seixas. Paul Seixas. Paul Seixas. Paul Seixas. Paul Seixas. Paul Seixas. Paul Seixas. Paul Seixas. Paul Seixas. Paul Seixas. Paul Seixas. Paul Seixas. Paul Seixas. Paul Seixas. Paul Seixas. Paul Seixas. Paul Seixas. Paul Seixas. Paul Seixas. Paul Seixas. Paul Seixas. Paul Seixas. Paul Seixas. Paul Seixas. Paul Seixas. Paul Seixas. Paul Seixas. Paul Seixas. Paul Seixas. Paul Seixas. Paul Seixas. Paul Seixas. Paul Seixas. Paul Seixas. Paul Seixas. Paul Seixas. Paul Seixas. Paul Seixas. Paul Seixas. Paul Seixas. Paul…
Les Français semblent à nouveau déterminés à imposer une pression invivable à un énième nouvel espoir hexagonal du Tour. À 19 ans, il en a peut-être la carrure, le potentiel. À moyen et long terme. Reste à savoir s’il aura aussi la couenne assez dure pour souffrir le baratin des fans et des médias devenu un bruit de fond permanent. Du genre qui vous gruge de l’intérieur même quand vous croyez que vous ne l’entendez pas. Jusqu’à l’implosion.
Le parcours? Sauvage. Et plutôt amusant. Surtout si on est un grimpeur ou l’un de ces baroudeurs au long cours qui chassent les échappées pour mieux finir l’assiette de tous les convives du moment avant d’entamer la leur.
Sinon, Barcelone. Les villes hôtes du Grand Départ échangent de la visibilité touristique (et des retombées économiques liées au passage du Tour) en échange d’un pactole qui se compte en millions d’euros. Le bénéficiaire : ASO, l’entreprise-organisatrice.
Mais Barcelone a-t-elle vraiment besoin de pub? La ville a reçu 15,8 millions de visiteurs l’an dernier. Déjà, il y a dix ans, des locaux excédés par le surtourisme nous crachaient presque à la figure parce qu’ils n’arrivaient plus à se loger et que les quartiers historiques étaient devenus une sorte de grand mail à ciel ouvert. Des parcs d’appartements en location à la nuit en guise d’hôtels invisibles et des enseignes de guenilles et de restaurations identiques à toutes celles qu’on trouve dans les autres métropoles du monde. Des Starbucks, des Benetton et des godzillions de 3 pièces à deux minutes de Barceloneta ou des Ramblas.
Drôle d’adon, on vient d’y adopter une loi pour surtaxer le tourisme et éradiquer une majeure partie de l’offre en location courte durée pour ainsi lutter contre la crise du logement. Coudon.
Voilà. Des généralités. C’est toujours comme ça avec cet événement imprévisible qu’est le Tour. Resuçons le cliché: il peut se passer un million de trucs sur 21 jours de course. Paul Seixas pourrait même gagner, tiens.
Ne dites juste pas aux Français que j’ai écrit ça, svp. C’est une blague. Mais ils veulent tellement y croire que c’est des plans, me semble-t-il, pour qu’ils m’élisent nouvel apôtre du culte et que je me mette à recevoir des DM de L’Équipe pour commenter les perfos du miraculeux Lyonnais pendant 3 semaines.
C’est connu: les fanatiques sont des désespérés qui se cherchent toujours des animateurs de pastorale et ils sont imperméables à l’humour.
*auparavant, chaque équipe se voyait octroyée le temps du quatrième coureur de l’escouade à passer la ligne. Désormais, chaque coureur se voit attribué son temps réel. Cela transforme les équipes en lances de rampement humaines pour leurs leaders.