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Destinations, Québec

Bromont-sur-neige

28-01-2023

© Tourisme Bromont

  « Vous regarderez loin devant vous : ce sera la meilleure façon d’être stable sur votre vélo », précise Maxine en balançant bras et jambes pour s’échauffer. Nous prenons notre premier cours de fatbike au Centre national de cyclisme de Bromont. Il fait un froid de canard, ce qui ne nous empêche pas de considérer que le cyclisme est également un sport d’hiver.

Certes, pendant la saison froide, appuyer sur les pédales bien au chaud est tout à fait possible – à deux pas, sur la piste du tout neuf vélodrome Sylvan Adams, centre multisports Desjardins. Or là n’est pas notre intérêt, quoique piloter sur une neige croustillante un vélo à pneus surdimensionnés soit fort déstabilisant quand il s’agit d’une première expérience ; la chose devient nettement plus accessible si on suit une formation en vue d’acquérir les bons réflexes. C’est ce que propose le Centre national de cyclisme de Bromont. En compagnie de quelques collègues journalistes, je suis le cours donné par Maxine Bergeron, aussi à l’aise avec son fat sur une surface glacée que sur la terre d’un sentier. Comme le centre loue des vélos, il suffit de se pointer avec ses affaires et un habillement adapté à une activité physique hivernale.

© Jacques Sennéchael

Une fois le vélo ajusté à chaque cycliste, le cours débute devant le centre, sur la surface couverte de neige bien tapée. Quelques cônes de signalisation utiles aux exercices ont été placés çà et là. Nous commençons par la position de base, qui est la même qu’en vélo de montagne – après tout, le fatbike fait partie de la même famille, ne se distinguant que par la largeur de ses pneus. Les coudes légèrement ouverts, les pieds à l’horizontale, le poids du corps réparti sur les deux pédales et bien centrés sur le vélo, nous voilà prêts à aborder le terrain neigeux. Maxine nous fait exécuter quelques exercices pour que nous soyons encore plus à l’aise sur nos vélos à pneus dodus : contrôle du freinage sur surface glissante, virages en dérapages les plus contrôlés possibles, freinage sans blocage de roue… Une fois ces premiers gestes maîtrisés, nous roulons vers les sept sentiers qui s’amorcent juste derrière le centre. Il n’y en a pas des kilomètres, mais il est clair qu’ils ont été tricotés et peaufinés spécifiquement pour l’apprentissage. La neige de la nuit a été soigneusement compactée par le Snowdog afin que les roues de nos VPS ne s’enfoncent pas trop. La largeur du sentier dépasse à peine celle de nos pédales. Il faut demeurer dans la trace, sous peine, au moindre écart, de voir sa roue s’enliser dans la neige molle. Succession de virages, de montées et de descentes, sans trop de passages complexes cependant, alors nous nous sentons vite à l’aise. Ce qu’il y a de bien avec le fatbike, c’est que c’est une excellente école pour apprendre le dosage : le regard qui porte loin et non juste devant sa roue pour la stabilité, un coup de pédale en douceur pour garder l’adhérence, un corps bien équilibré sur le vélo pour que les deux pneus collent au sol sans glisser, et un freinage en douceur pour ne pas bloquer la roue. Ceux qui pratiquent le vélo de montagne ne seront pas troublés – si l’adhérence n’est pas garantie, les obstacles sont adoucis, et on ne rencontre ni racines glissantes ni roches acérées. Quant à la chute, elle est plus souvent l’occasion de rire que de se blesser.

Suivre un cours est un prodigieux moyen de savoir si le fatbike est fait pour vous. Les techniques de base sont rapidement acquises. Après, ce sera à vous de faire votre propre chemin avec votre propre vélo. Évidemment, il reste encore des choses à apprendre, notamment sur la science de la bonne pression des pneus en fonction du type de neige, toutefois c’est habituellement une question de nombreux essais et d’erreurs.

Une ville d’hiver

Histoire de continuer l’exercice, nous nous rendons au mont Oak pour goûter aux différents sentiers travaillés à l’usage du fatbike. Pour ce faire, nous traversons la ville, et c’est là que nous réalisons que celle-ci est aussi appropriée au loisir hivernal qu’aux jeux de l’été. Rejoindre le mont Oak est facile si on emprunte en fatbike le sentier C1, suffisamment large pour accueillir les vélos et les marcheurs, avec en prime une belle trace à l’usage des fondeurs. Les Bromontois ont vraiment un fabuleux terrain de jeu.

© Jacques Sennéchael

Une fois au mont Oak, constat est fait que les dernières bordées de neige ne faciliteront pas la pratique du fatbike. Les sentiers sont damés, néanmoins nos pneus s’enfoncent dans la neige fraîche. C’est le moment d’adopter le principe d’Éric Léonard, un des bénévoles qui travaillent sur les sentiers : « On ne dira pas : “C’est trop mou, défense d’y aller” », mais plutôt : “Le plaisir ne sera pas au rendez-vous, profitons-en donc pour aller faire de la raquette”. »

Le lendemain, je retrouve l’homme sous une nouvelle chute de neige, sur le chemin de Missisquoi où, à défaut de préparer nos vélos, Éric nous ouvre la porte du conteneur qui dort sur le bord de la route. Un Snowdog, une motoneige et quelques outils sont disponibles pour l’équipe de bénévoles qui entretient les sentiers. En montant dans le sentier, Éric mentionne que le parcours de ce dernier a été modifié parce que trop pentu pour les fatbikes. « Nous avons aménagé un autre sentier, en lacets, qui grimpe en douceur, de façon à ce qu’il soit accessible à plus de monde », argumente-t-il. Il en profite pour partager avec moi la théorie qu’il a élaborée sur les résidents de Bromont : « C’est une communauté de plein air qui fait de la rando, du vélo, du fatbike, du ski de haute route, de la raquette… Les gens choisissent l’activité suivant le terrain ou la météo. » Cela explique les très nombreuses pistes multiactivités, mêmes si certaines sont tout de même réservées au vélo ou à une autre activité. « Nous nous organisons pour qu’il n’y ait pas de conflit d’usage dans le cas d’une descente rapide ou d’un virage surélevé. Nous travaillons fort pour construire des boucles instinctives de manière à ce que les parcours s’enchaînent naturellement dans les sentiers », conclut-il.

Voilà qui motiverait un déménagement à Bromont. Coïncidence : au moment où je finalise ce texte, un courriel arrive dans ma boîte. Bromont, montagne d’expériences recherche des employés permanents, et la station est prête à offrir 1000 $ si vous recommandez quelqu’un… À bon entendeur, salut.


© Jacques Sennéchael

Repères

Pittstop Vélo-Café
L’endroit où entendre les potins cyclistes de la ville. On peut également louer, entretenir son vélo et même manger en dégustant un bon café.

Hôtel Château-Bromont
Pour dormir dans de grandes chambres au pied des pistes et bien manger. Avant de vous laisser aller au sommeil, une randonnée nocturne en raquettes dans les sentiers de la montagne est un incontournable.

Masa cuisine de rue
À trouver absolument : le camion de bouffe de rue jaune, quelque part sur le territoire de Bromont, histoire de se réchauffer l’intérieur avec les généreux tacos et burritos. Parfait après une activité hivernale.

 

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