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En forme, Entraînement

Grossir les rangs du peloton

01-06-2026
Femme sportive et enceinte qui boit de l'eau

© Istock / Anastasia Molotkova

La période de la grossesse et celle qui suit immédiatement l’accouchement représentent plusieurs défis en matière de pratique cycliste.

Ça y est, c’est officiel : vous (ou votre coparente) êtes enceinte ! Dans quelques mois, vous accueillerez un petit être humain qui viendra certainement grossir les rangs du peloton, si l’on en juge votre passion pour la chose cycliste. D’ici là, vous avez cependant à prendre une difficile décision en regard, justement, de votre amour pour la petite reine.

Continuerez-vous à enfourcher votre vélo sur les routes, sentiers et tout ce qu’il y a entre les deux durant votre grossesse, avec tous les risques de chutes que cela suppose ? Ou non ?

En pratique, il existe autant de réponses à cette question que de parents. À chacune sa tolérance au risque – et aux regards désapprobateurs lors­que la bedaine devient saillante. Cela dit, les re­commandations à ce sujet sont on ne peut plus claires : vous devriez vous abstenir de rouler à l’extérieur durant votre grossesse. Dans ses lignes directrices sur l’activité physique pendant la grossesse, la Société canadienne de physiologie de l’exercice indique en effet d’« éviter le vélo non stationnaire » étant donné le risque de traumatisme fœtal subséquent à un éventuel impact sur le ventre.

Pour Sarah Baribeau, kinésiologue périnatale et fondatrice de Bougeotte et Placotine, qui se spécialise dans les cours de groupes pour femmes enceintes et nouvelles mamans, ce choix a beau être déchirant, il va de soi. « Même à basse vitesse de déplacement, une chute peut avoir des conséquences dramatiques [par exemple, une fausse couche] », met en garde l’experte. Elle conseille par ailleurs d’éviter de trop pousser la machine dans des environnements chauds et humides durant la grossesse, « surtout lorsqu’on n’est pas acclimatée à la chaleur ».

Zwifter pour mieux repartir

Porter un enfant ne signifie toutefois pas d’accrocher son vélo. Il est même souhaitable, pour votre santé et celle de bébé, de pédaler entre quatre murs à raison de quelques fois par semaine. Si vous ignorez tout de Zwift, voici votre chance de corriger le tir. « Faire au moins 150 minutes d’activité physique à intensité moyenne par semaine est bénéfique pour le corps et l’esprit », insiste-t-elle. Un truc : vous devriez être en mesure de parler, mais pas de chanter pendant l’effort. Envie de vous mettre à bloc ? Allez-y, mais levez le pied en cas d’inconfort que vous jugez anormal.

Maintenir ses séances d’entraînement, même allégées, pave la voie à une reprise plus rapide de sa forme physique après la naissance. D’autant plus que le vélo, contrairement à d’autres sports comme la course à pied, est peu traumatisant pour le corps du parent en devenir. « C’est l’un des premiers sports qu’on peut reprendre après l’accouchement », souligne Sarah Baribeau. Votre grossesse sera donc vraisemblablement une période où vous ralentirez pour mieux vous projeter vers vos futurs défis. Et pas seulement cyclistes !

Après la naissance

1. Récupérer avant de s’entraîner

Les premières semaines qui suivent l’accouchement mettent à rude épreuve la capacité d’adaptation des nouveaux parents. Entre les pleurs, les boires et les dodos de bébé, disons qu’il reste peu d’énergie (et, sûrement, de volonté) pour réaliser une de ces séances d’entraînement où l’on va à la rencontre du mur. Il vaut donc mieux prioriser la récupération active, sous forme de sorties à basse intensité. « On veut absolument éviter le surmenage au cours de cette période où le manque de sommeil et les changements hormonaux provoquent un tourbillon d’émotions », affirme Sarah Baribeau. À la suite d’un accouchement, de deux à trois semaines sont en général nécessaires avant de reprendre le vélo.

2. Penser à son core

La reprise graduelle des habitudes sportives doit s’accompagner d’un programme de rééducation des muscles abdominaux et périnéaux. Ces derniers ayant été malmenés lors de la grossesse récente, il faut en effet prendre le temps de les renforcer pour ainsi éviter les blessures et autres fuites urinaires. « Les muscles qui se groupent autour de la sangle abdominale, du plancher pelvien et des lombaires sont littéralement blessés par l’accouchement », précise la fondatrice de Bougeotte et Placotine dans ses cours postnataux. Au besoin, consultez une physiothérapeute spécialisée en rééducation périnéale.

3. S’entourer de ses semblables

Il peut être judicieux de rouler avec des gens qui, comme soi, apprivoisent leur nouvelle identité parentale. Il s’agit essentiellement d’une question de soutien social ; se sentir entourés et soutenus par un réseau de personnes que l’on estime est associé à une bien meilleure expérience parentale après la naissance. Qui plus est, c’est aussi l’occasion de partager des trucs et conseils pour optimiser ses pratiques : de nutrition, d’entraînement, de préparation mentale, etc. « L’important est de ne pas s’isoler », souligne Sarah Baribeau. L’experte recommande en outre de faire le tri dans les contenus auxquels on s’expose sur les réseaux sociaux, de manière à limiter la comparaison sociale, souvent nocive.

Messieurs, soyez prévenants

À l’heure de l’avancement de l’égalité entre les femmes et les hommes, la grossesse constitue un rappel d’une réalité biologique implacable : c’est elle qui « subit » la grossesse, pas lui. Jusqu’à la naissance de bébé, il ne voit donc pas son quotidien, y compris en matière cycliste, changer. Ou si peu. Cela ne l’exempte toutefois pas de faire preuve d’un minimum de solidarité envers sa compagne, surtout si elle choisit de ne pas rouler à l’extérieur. Renseignez-vous sur ce qu’elle traverse. Témoignez-lui votre admiration. Rappelez-lui vos sorties épiques d’hier et évoquez celles, qui s’annoncent tout aussi grandioses, de demain. Bref, contribuez à combattre le sexisme ordinaire dans le milieu du vélo.

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